C’est de l’amour liquide en fait le vin ?!

 

Le vin « nature », c’est quoi ?
Une tendance, une mode ?

Ou alors est-ce une prise de conscience sur ce qu’on boit, sur notre environnement, et le peu que l’on puisse faire à notre échelle ? On boit du vin vivant pour quoi ? Pour le goût ?

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Pour moi c’est un coup de foudre mais pas seulement. Je m’y suis mis par goût, mais mes valeurs étaient déjà du côté du bio.
Ce vin « nature », j’y suis arrivé par hasard.

Je cherchais un stage pendant mes études de commerce des vins, et je faisais la tournée des cavistes du quartier. Je suis arrivé à la cave des Papilles, dans le 14èmearrondissement de Paris, avec mes idées de faire de la bière, de vendre du vin à la grande distribution, etc. Je n’y connaissais pas grand-chose puisque je commençais mes études, et je ne suis pas issu du milieu viticole, donc pas d’éducation du vin à la maison.

Après avoir un peu causé, ils ont accepté de me prendre en stage. Je ne savais pas du tout qu’ils vendaient du vin libre, et à vrai dire je n’en avais pas encore entendu parler.

Dans les premiers jours, je me suis un peu habitué à mon lieu de travail, on a pas mal causé vins, et un soir on a ouvert une quille. Forcément, j’avais choisi la bouteille au hasard, et je tombe sur le truc complètement fou. « Crépuscule » 2005 du domaine du Peyra. Un gamay d’Auvergne, sur des terroirs volcaniques. Une vraie bombe atomique. Je me suis retrouvé devant un flacon auquel je ne comprenais rien. Il y a des vins qui nous surprennent, qui nous font la leçon. J’ai donc mis le nez dans mon verre, découvert un bouquet d’arômes très complexe. Au début, ça sentait la ferme, puis avec de l’aération, on est arrivé sur des notes de fruits rouges, de petites baies, d’épices. Un grand bordel enivrant. Hop, on met en bouche, et on se retrouve avec un vin nerveux, tranchant. C’est un vin léger comme tout, un canon de soif. Il y a une grande acidité, un côté métallique, une longueur en bouche incroyable.

Pas du tout le genre de canons qu’on nous faisait goûter en cours de dégustation. Là c’était plus « classique ». On nous apprenait à reconnaitre chaque région, chaque cépage, mais avec des vins matraqués par les différents intrants. A la cave des Papilles, j’avais une nouvelle approche gustative des vins qui me parlait. Exit les jus sans folie, sans ce petit « truc » de magie.

Le vin nature, il m’a marqué pour un bon bout de temps, au point que je ne bois pas grand-chose d’autre.

Évidemment ce Peyra m’aura fait de l’effet, mais il n’y a pas que ça. Je me suis rendu compte au fil de mon stage que les vignerons avec qui on travaillait étaient des gens humbles, qui cherchent à faire partager leur passion et leurs convictions. On ne m’a pas dit que c’était la seule façon de faire du bon vin, on m’a expliqué comment on faisait sans saloperies. Contrairement à l’autre « camp », celui des vins conventionnels où on te dit que faire du vin sans soufre c’est de la merde et qu’on va vite se rendre compte que ça n’a pas d’avenir, que de toute façon, les vins natures ça ne se garde pas, c’est des vins pas finis et autres discours. Bref le vin, ça doit rester une question de plaisir et d’échange.

J’ai mes convictions, j’ai aussi des goûts bien spécifiques qui me poussent vers le vin nature.

Alors merci à Gérard, Franck et Florian pour le temps que vous m’avez consacré, et à tous les vignerons qui m’ont fait voyager avec leurs vins libres.

Pierre

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