Vin libre

 

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J’écris ton nom

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J’écris ton nom

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J’écris ton nom

Sur le basalte et le granit
Sur les marnes bleues du lias
Sur les schistes et sur les sables
J’écris ton nom

Sur la minéralité et l’acidité
Sur le riesling alsacien
Sur le chenin ligérien
J’écris ton nom

Sur le poulsard ou le ploussard (l’important c’est d’en boire)
Sur le savagnin jurassien
Sur les sols enherbés et vivants
J’écris ton nom

Sur les vignes exemptes de chimie
Sur les pratiques en cave peu interventionnistes
Et sur l’usage parcimonieux du SO2
J’écris ton nom

Sur le respect de la faune, de la flore,
Sur la nécessité d’expliquer, de se justifier, parfois, souvent, tout le temps
Sur l’évidence d’un chai non aseptisé
J’écris ton nom

Sur les bouteilles rapidement vidées
Sur les jus déclassés ou non agréés
Sur les vins réduits ou oxydés
J’écris ton nom

Sur les blancs macérés
Sur les fûts sur les amphores
Sur la vérité qui n’est pas que dans le verre
J’écris ton nom

Sur la bouse de corne dynamisée
Sur la prêle et sur l’ortie
Sur toutes les 500 du monde
J’écris ton nom

Sur le verre qui se remplit
Sur le verre qui se vide
Sur les tronches de vin qui ont d’la gueule
J’écris ton nom

Sur la vendange à maturité
Sur la réalité du terroir
Sur le jus qui s’écoule du pressoir
J’écris ton nom

Sur un rouge gourmand et tendre
Sur mes papilles bien affûtées
Sur mon palais émoustillé
J’écris ton nom

Sur la buvabilité et la digestibilité
Sur le coefficient de torchabilité
Sur les soirées arrosées et les matins qui chantent
J’écris ton nom

Sur la vinif en grains entiers
Sur la macération carbonique
Sur chaque verre qui se tend
J’écris ton nom

Sur les yeux qui pétillent
Sur les lèvres gourmandes des francs buveurs
Bien au-delà de l’abstinence
J’écris ton nom

Sur les vins de pierre et les vins de fruit
Sur les jours fleur et les jours racine
Sur les parois du pressoir à cliquets
J’écris ton nom

Sur la nature et sur la vie
Sur la possibilité d’un vin nu
Nature, naturel ou vivant
J’écris ton nom

Sur la plaisir revenu
Pour savoir ce que l’on boit
Naturellement bon
J’écris ton nom

Et par le pouvoir de deux mots
Je recommence ma vie
Je suis né pour te boire
Pour te nommer

Vin libre.

 

Olif, d’après Paul Éluard

 

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