Il y a si longtemps….. les saucisses au vin d’Alsace, seul dans ma grotte……

 

Recette : Saucisses immondes du supermarché, Edelswicker nauséabond pour la sauce, Riesling incendiaire et pour finir Gewurst de limace, Aîe…

Le temps a changé depuis. Plus de trente ans sur le routes de France pour les concerts m’ont permis de découvrir les « vrais » vignerons et le résultat jouissif de leur boulot. Finis les immondices chimiques!

Au cours des concerts, l’Alsace se devait d’être traversée moult fois et les grandes bouteilles élancées s’avérer chez certains créateurs, de très beaux bijoux. Comme de bien entendu, certains sortent du lot et proposent de jolis biberons (comme on dit en Alsace).

> Ma première rencontre « Binner » fut avec le « Papy » On organisait des dégustations de vins naturels dans nos grands locaux musicaux de paris. Ce jour-là, Mr Binner, non seulement faisait gouter ses vins mais accompagnait le verre d’escargots cuits sur place (il avait apporté le butagaz, etc…)  jusqu’à cinq heures du mat’          Mémorable. …

Je suis retourné bien plus tard chez la famille Binner, Christian nous dit, allez vois mon père dans la vigne je vous rejoins. En arrivant, le véhicule à chenilles du pater s’était renversé, du fait de la verticalité du lieu et lui, un peu coincé en dessous …..panique,   heureusement, après l’extraction, le téméraire était indemne.

En grande banlieue parisienne, s’est développé un salon annuel de vin à Groslay où se sont retrouvé au départ (il y a 25 ans) des précurseurs du vin naturel (Puzelat, Arena, Le Puy, Courtois, Issaly) et un alsacien, encore jeunet : Bruno Schuller .Je me rappelle que le matin avant que les troupes assoiffées déboulent, il carafait  systematiquement ses Pinots Noirs pour la journée avec application. Encore inconnu au bataillon les choses allaient s’accélérer pour lui qui fut vite reconnu…

Une des premières familles vigneronnes d’Alsace visitée avec les Garçons Bouchers à l’époque, et où je suis retourné plusieurs fois, c’est le couple Frick. Tous deux en état de recherches constantes (élevage, température, suivi, terrains). Je me souviens, une autre fois, venu avec mon groupe Pigalle, d’un « truc » rigolo qui nous avait tiré l’œil d’un coup. C’est une sorte de pyramide escargot en céramique émaillé, dynamisant par son chemin tortueux le doux nectar. Un couple en recherche de résultats gouteux maximums.

V’là t’y pas qu’un jour….c’était l’hiver, et la grosse neige en alsace, quel beau paysage. On jouait un concert de soutien  « Les rockers ont du cœur ». Christian Binner était venu accompagné de Madame et Monsieur Meyer, vignerons dont je ne connaissais que la bonne réputation.  Nous partîmes « after-show » dans la neige en troïka jusqu’à chez eux sous la lune, la dégustation fut princière et dura jusqu’à l’aube où nous vîmes en rentrant quelques éléphants roses se trémoussant dans les vignes. Il y a peu de temps, retour chez eux, et on put y apprendre plein de choses, même si on s’intéresse au vin, comme moi,  depuis longtemps car, avant une dégustation coquine et une choucroute délicate nous eûmes droit  à une explication fort pédagogique de la complexité non seulement de la vigne, de la terre et du climat mais aussi de l’univers lui-même et de son rôle dans le verre.

Les voilà, les coquins et dire que j’allais presque oublié pour ces quatre vignerons et vigneronnes qu’à part les anecdotes croustillantes et poétiques……ils faisaient une espèce de liquide qu’on verse dans des verres après un long travail et qu’ils savent en faire un plaisir intense où le vocabulaire montre ses limites.

Violon d’une main, tire-bouchon de l’autre …titillons quelques Rieslings

François Hadji-Lazaro
(Chanteur, musicien et gouteur de Pigalle et des Garçons Bouchers)

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